Blocus de Hormuz, jour 2 : Téhéran accuse de piraterie, le brut flirte avec 105 $
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Guerre en Iran Généré par IA

Blocus de Hormuz, jour 2 : Téhéran accuse de piraterie, le brut flirte avec 105 $

Par Le Pivot — Iran Monitor · 13 avril 2026 · 10 min de lecture

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Le 13 avril à 10 h ET, les forces du Commandement central américain (CENTCOM) ont mis en application le décret du président Trump : blocus total de tous les navires entrant dans les ports iraniens ou en sortant. Quarante-huit heures plus tard, le monde retient son souffle. Le détroit de Hormuz — artère par laquelle transite environ 20 % du pétrole mondial — est devenu le centre géographique d’une crise qui n’a plus rien d’hypothétique.

Le blocus en vigueur : périmètre et règles d’engagement

Le CENTCOM a précisé que le blocus vise exclusivement les navires à destination ou en provenance des ports et eaux côtières iraniens. Le transit général dans le détroit de Hormuz vers des ports non iraniens reste théoriquement libre. En pratique, la distinction est ténue : l’Iran avait, depuis le début de la guerre le 28 février, imposé ses propres péages aux tankers souhaitant transiter, et avait même annoncé que seuls les navires de cinq nations — Chine, Russie, Inde, Irak et Pakistan — seraient autorisés à passer sans contrainte.

Trump a prévenu que tout navire iranien “approchant” les forces américaines serait “éliminé”. La marine iranienne (IRGC Naval) a rétorqué qu’un bâtiment militaire étranger se rapprochant du détroit constituerait une violation du cessez-le-feu et se heurterait à une “réponse sévère”.

Téhéran : “C’est de la piraterie”

L’armée iranienne n’a pas mâché ses mots. Dans un communiqué officiel, elle a qualifié le blocus d’illégal au regard du droit international, le comparant à de la piraterie en eaux internationales. À Téhéran, des milliers de manifestants sont descendus dans les rues pour dénoncer le blocus américain — une mobilisation rare qui mêle nationalisme et rejet d’un “siège” perçu comme une humiliation collective.

La position iranienne est juridiquement solide sur un point : le droit international de la mer garantit le droit de passage inoffensif, et un blocus unilatéral en haute mer relève traditionnellement d’un acte de guerre. Washington, de son côté, invoque des précédents — Cuba, Corée du Nord — et la menace de prolifération nucléaire comme justification d’une mesure “défensive”.

Trump : “Ils veulent faire un deal”

Dans une déclaration qui a surpris par son ton, Trump a affirmé mardi que des officiels iraniens l’avaient contacté et “souhaitaient travailler à un accord”. Une heure plus tard, une source de la Maison-Blanche précisait que le président “ne s’intéressait pas” à de nouvelles négociations pour l’instant.

Cette contradiction illustre la dynamique interne chaotique à Washington. JD Vance avait déclaré le 12 avril que les pourparlers d’Islamabad avaient échoué — les lignes rouges américaines étaient : fin totale de l’enrichissement d’uranium, démantèlement de toutes les grandes installations, retrait hors du pays du stock d’uranium hautement enrichi (UHE), fin du financement des groupes armés alliés, et ouverture sans péage du détroit de Hormuz.

Le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi avait répondu avec une formule cinglante : “Nous avons rencontré du maximalisme, des poteaux de buts qui bougent, et un blocus.”

Le Pakistan, hôte des négociations, a indiqué qu’il continuerait à servir d’intermédiaire et que l’Iran pourrait revenir avec une contre-offre une fois que son leadership aura délibéré.

Marchés pétroliers : une onde de choc qui s’amplifie

Le choc sur les marchés est spectaculaire. Le Brent a progressé de 7 % pour frôler 102 $ le baril — soit une hausse de 40 % depuis le début de la guerre le 28 février. Le WTI a bondi de 7,8 % à 104 $, en hausse de plus de 50 % sur la même période.

Bloomberg souligne une réalité peu rapportée : l’Iran et la Chine avaient constitué depuis le début du conflit un important stock de pétrole iranien en mer, à bord de tankers fantômes. Ce “hoard” flottant permet aux raffineurs chinois d’absorber partiellement le choc à court terme. Mais il ne durera que quelques semaines.

Le Japan Times pose la question que tout le monde évite : que se passe-t-il si des tankers sous pavillon tiers — japonais, sud-coréens, européens — sont interceptés par la marine américaine alors qu’ils tentent d’atteindre un port iranien ? La réponse pourrait déclencher une crise diplomatique de grande ampleur.

La dimension sino-américaine

Le blocus de Hormuz est autant une décision contre Pékin que contre Téhéran. Avant la guerre, la Chine achetait 95 % de tout le pétrole brut iranien via un réseau de tankers sous sanction, de traders obscurs et de circuits financiers parallèles. Couper l’accès de l’Iran à la mer, c’est couper l’approvisionnement en brut bon marché qui alimentait en partie l’industrie chinoise.

Trump a durci le ton dimanche en menaçant d’imposer des droits de douane de 50 % sur la Chine, après des rapports indiquant que Pékin s’apprêtait à livrer à l’Iran de nouveaux systèmes de défense aérienne. Un tel transfert d’armes modifierait significativement l’équilibre militaire et constituerait une escalade majeure.

Société civile : exécutions et répression numérique

À l’intérieur de l’Iran, la répression se poursuit sur deux fronts.

Sur le front judiciaire, les exécutions de prisonniers politiques affiliés à l’OMPI/MEK — dont six membres avaient été pendus en mars et début avril — ont déclenché des manifestations de solidarité à Paris (place du Trocadéro) et à Stockholm (devant le Parlement suédois) le 11 avril. Amnesty International avait alerté en mars que sept autres militants risquaient une exécution imminente.

Sur le front numérique, l’ONG Iran HRM publiait le 13 avril un rapport documentant ce qu’elle appelle un “apartheid numérique” : coupures d’internet ciblées dans certains quartiers, blocage des VPN populaires, et surveillance accrue des communications chiffrées. L’objectif apparent est d’empêcher la coordination de toute résistance intérieure pendant que l’Iran fait face à la pression extérieure.

Diplomatie régionale : Hezbollah dit non

À Washington, des négociations indirectes entre le Liban et Israël étaient prévues mardi matin. Le secrétaire général du Hezbollah, Naim Qassem, les a rejetées publiquement, compliquant toute désescalade régionale. La résolution Sanders — visant à bloquer les transferts d’armes américaines à Israël — est pendant devant un Sénat républicain qui n’a aucune intention de l’adopter.

Ce qu’il faut retenir

Le 14 avril marque un tournant : le blocus n’est plus une menace, c’est une réalité opérationnelle. Les lignes de fracture sont désormais multiples — militaire (Hormuz), économique (pétrole, tarifs), diplomatique (Pakistan comme médiateur), juridique (droit de la mer), et humanitaire (répression intérieure). La fenêtre pour une désescalade négociée existe encore — Pakistan en fait office d’hôte, Iran n’a pas fermé la porte — mais chaque jour de blocus rend le retour en arrière plus coûteux politiquement pour les deux parties.

Le véritable test surviendra lorsqu’un premier tanker sera physiquement arrêté ou coulé.


Sources