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Islamabad sans accord : Vance rentre les mains vides, le détroit reste une zone de guerre
Par Le Pivot — Iran Monitor · 11 avril 2026 · 10 min de lecture
Les premières négociations directes entre Washington et Téhéran depuis la révolution islamique de 1979 se sont terminées sans accord dimanche matin. Le vice-président américain J.D. Vance a quitté Islamabad peu après 7h locales, laissant derrière lui une table des discussions toujours chargée de désaccords fondamentaux. La trêve de deux semaines, annoncée le 8 avril, tient encore — mais à peine.
Des pourparlers historiques, une conclusion amère
Plus de 21 heures de négociations au Serena Hotel d’Islamabad n’ont pas suffi. La délégation américaine, menée par Vance et comprenant l’envoyé spécial Steve Witkoff et le gendre de Trump Jared Kushner, s’est heurtée à une délégation iranienne d’environ 70 personnes, conduite par le président du Parlement Mohammad Bagher Qalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi.
« L’Iran a choisi de ne pas accepter nos conditions », a déclaré Vance aux journalistes avant de monter dans l’avion. « Je pense que c’est mauvais pour l’Iran, bien plus que pour les États-Unis d’Amérique. »
Ces pourparlers étaient les premiers de haut niveau en personne depuis la révolution de 1979 — un moment diplomatique historique né d’une guerre qui, depuis les frappes américano-israéliennes du 28 février, a fait au moins 1 701 civils iraniens tués, dont 254 enfants, selon l’Agence de presse des activistes des droits de l’homme (HRANA).
Le détroit d’Ormuz, nerf de la guerre
Le principal point d’achoppement est géographique autant que stratégique : le détroit d’Ormuz. Depuis le début du conflit, l’Iran bloque effectivement ce couloir maritime par lequel transite environ 20 % du pétrole et du GNL mondial. Washington exige sa réouverture immédiate ; Téhéran insiste pour n’y consentir qu’après la conclusion d’un accord de paix global.
Le 11 avril, les destroyers USS Frank E. Petersen Jr. (DDG-121) et USS Michael Murphy (DDG-112) ont franchi le détroit — les premiers navires de guerre américains à le faire depuis le début du conflit. CENTCOM a annoncé le début d’opérations de « déminage » pour établir « un nouveau passage » sécurisé pour le commerce. L’Iran a aussitôt démenti que ces navires aient réellement pénétré en eaux contrôlées, affirmant qu’ils avaient rebroussé chemin après un avertissement d’attaque.
La carte publiée par la Commission de sécurité nationale iranienne le 9 avril montre un champ de mines couvrant 1 394 km² du détroit, incluant le schéma de séparation de trafic habituel. L’Iran a mis en place un « péage » au niveau de l’île de Larak, exigeant documentation et, dans certains cas, paiement pour laisser passer les navires.
Premiers pétroliers de sortie — un trickle, pas une reprise
Malgré les tensions, trois supertankers chargés ont franchi le détroit en direction de leurs ports de destination :
- Serifos (pavillon libérien, affrété par PTT Thailand) — transportant du brut saoudien et émirati, attendu à Malacca le 21 avril
- Cospearl Lake et He Rong Hai (pavillons chinois, affrétés par Unipec/Sinopec) — transportant du brut irakien vers la Chine
Trois autres pétroliers vides ont été repérés entrant dans le golfe Persique pour se ravitailler. Mais selon Lloyd’s List Intelligence, les transits restent inférieurs à 10 % du flux quotidien normal. Entre 500 et 700 navires de plus de 10 000 tonnes de port en lourd demeurent bloqués dans le Golfe.
La question nucléaire, toujours sans réponse
Au cœur des tractations, la question nucléaire oppose deux visions irréconciliables. Washington a remis aux Iraniens — via des intermédiaires pakistanais — un plan en 15 points prévoyant des restrictions importantes sur les capacités nucléaires et militaires iraniennes.
Téhéran a répondu avec un contre-projet en 10 points : levée de toutes les sanctions primaires et secondaires, maintien du droit à l’enrichissement d’uranium à des fins pacifiques, contrôle iranien du détroit d’Ormuz, libération des avoirs gelés.
« Nous avons besoin d’un engagement affirmatif que l’Iran ne cherchera pas à obtenir une arme nucléaire, ni les outils qui lui permettraient d’en obtenir rapidement une », a précisé Vance. « C’est l’objectif central du président. »
Les discussions portaient également sur les stocks d’uranium enrichi iraniens — selon le New York Times, un autre point de blocage majeur en coulisses.
Protestations diasporiques, guerre en suspens
Pendant que les diplomates négociaient à Islamabad, des manifestations de solidarité avec l’Iran se tenaient dans plusieurs capitales le 11 avril : Amsterdam (Museumplein), Stockholm, Ottawa et Toronto (devant les consulats américains), et Lisbonne (devant l’ambassade américaine).
Sur le front libanais, Israël a tué plus de 350 personnes le 9 avril — un tiers étaient des femmes et des enfants selon le ministère libanais de la santé, qui recense au total plus de 2 020 morts et 6 400 blessés depuis le début du conflit. Le Premier ministre Netanyahu a déclaré que « la bataille n’est pas encore terminée », défendant la guerre face à une opposition interne croissante et affirmant qu’Israël avait « écrasé » le programme nucléaire iranien — une affirmation que des évaluations des services de renseignement américains remettent en question.
Treize soldats américains ont été tués dans le conflit. Israël déplore au moins 20 morts. Des attaques attribuées à l’Iran ont tué au moins 32 personnes dans les États du Golfe.
Ce qu’il faut retenir
La diplomatie n’est pas morte — mais elle est à bout de souffle. Les deux parties ont fait savoir que les négociations pourraient reprendre, sans préciser quand. La trêve de deux semaines, qui expire vers le 22 avril, reste le seul filet de sécurité. La réouverture partielle du détroit — quelques pétroliers ici, deux destroyers là — ressemble davantage à un test de force qu’à une véritable reprise du trafic maritime.
Pour les marchés pétroliers mondiaux, la situation demeure instable : le détroit d’Ormuz reste militarisé, miné, et régi par des règles unilatérales iraniennes que ni le droit international maritime ni Washington ne reconnaissent. Tant que l’accord de fond n’est pas signé, chaque tanker qui passe est un pari diplomatique.
Sources
- What To Know About the First Day of Peace Talks Between the U.S. and Iran — Time Magazine, 11 avril 2026
- Oil tankers exit Strait of Hormuz amid fragile US-Iran ceasefire — Al Jazeera, 12 avril 2026
- Two U.S. Warships Sail Through Strait of Hormuz to Establish New Route for Merchant Ships — USNI News, 11 avril 2026
- US and Iran end ceasefire talks and Vance heads home without an agreement — AP via CityNews, 12 avril 2026
- Control of the Strait of Hormuz and Iran’s Uranium Stockpiles Were Sticking Points — New York Times, 11 avril 2026
- No deal reached after talks with Iran, Vance says — The Jerusalem Post, 12 avril 2026
- Iran Update Special Report, April 11, 2026 — Institute for the Study of War, 11 avril 2026
- Iran Monitor — Protests — IranMonitor.org, consulté le 12 avril 2026